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Véronique Arnold chez Stampa : quand s’étiolent les pétales d’Éros

Pour pénétrer dans l’univers de Véronique Arnold, il faut tout simplement en suivre son fil… « Dire, écrire, broder », le triptyque guide le geste créatif, en pensée et en acte.

« Eros/Thanatos rouge bétadine », 2025. Véronique Arnold

Pour s’en convaincre, il faut découvrir la nouvelle exposition personnelle de l’artiste que lui consacre la galerie bâloise Stampa (*) sous le titre « Éros, les pétales de l’absence ».

Véronique Arnold y interroge le désir et son épuisement. Comme une sorte de fatalité amoureuse dont les pièces réalisées pour cette exposition déclinent les possibles et les impossibles.

Par Dominique BANNWARTH

(*) Du 24 mars au 23 mai 2026, Galerie Stampa, Spalenberg 2, Bâle (Suisse)

« Sexe signifie couper », 2026. Véronique Arnold

L’artiste investit les codes de représentations de la sexualité d’une manière à la fois figurative (notamment les organes génitaux) ou allusive (les seins, la lingerie féminine). Avec une pointe d’humour qui détourne le sens premier, trivial de ces symboles.

Les mots brodés sur les pièces de vêtements suspendus ou étendus au sol, déclinent ce rapport à un tissu protecteur des émotions, absorbant les angoisses, la violence du rapport amoureux, mettant en quelque sorte la possible douleur en latence, à distance.

« The clothes are my symptoms », 2025. Véronique Arnold

« Romulus et Remus », 2026. Véronique Arnold

Les pétales brodées d’une magnifique grande tenture s’étiolent comme l’amour, semble nous dire Véronique Arnold.

« Floraison », 2026- Véronique Arnold

« Les oeuvres traitent, me semble-t-il après coup, de la question du ‘’ravissement ‘’ en amour », suggère-t-elle., en se référant aux mystiques et aux propos de Lacan qui désigne ce « ravissement » comme « cette jouissance qu’on éprouve et dont on en sait rien ».

« Éros, les pétales de l’absence », 2026. Véronique Arnold

On comprend encore mieux cet état de ravissement dans la dernière salle de l’exposition dont les murs sont envahis par des dizaines de toiles brodées piquées d’écrits et de dessins. « J’essaie d’y cerner un état d’extase extrêmement lumineux mais aussi extrêmement douloureux, confie Véronique Arnold, un corps rempli de lumière mais arraché à ses perceptions (…) le choc d’une chute en Amour, comme on dirait une chute en enfer ».

Dominique BANNWARTH

 

« Cette jouissance qu’on éprouve et dont on en sait rien ».