
Céline Lachkar devant une oeuvre réalisée à la craie intitulée « Forêt. Voir à travers ensemble 2, 2024 » Photo DB
Le musée des Beaux-Arts de Mulhouse accueille l’exposition rétrospective de Céline Lachkar intitulée « Fertiliser comme passer au travers ». Une oeuvre multidimensionnelle, déployée à travers de multiples techniques : dessin, installation, céramique, vidéo, photographie, broderie…
Par Dominique BANNWARTH
« Fertiliser est une action qui est toujours présente dans mon travail. Abreuver, alimenter face au cloisonnement du monde qui est aride, quand le regard est stérile, redonner de la vie, remettre du mouvement », résume Céline Lachkar en introduction à son exposition qui investit tout le dernier étage et une salle du rez-de-chaussée du musée des Beaux-Arts de Mulhouse.
La proposition de l’artiste mulhousienne, résidente de Motoco, impressionne d’emblée, tant par la profusion des oeuvres présentées que par leur mise en espace, par les «résonances » voulues par elle qui permettent au sens de son travail de se développer.

« Vivre comme ouvrir les pierres – Loups/Panthère, » 2024-2025

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« Le dessin est au centre », reconnaît-elle, comme une matrice à partir de laquelle se crée une oeuvre, en toute liberté, sollicitée par diverses techniques qui permettent de tracer une sorte de trajectoire menant à la proposition finale.
Chaque espace du musée se fait oeuvre, chaque salle propose une « étape d’un voyage initiatique ».
Parfois, le geste de l’artiste se décline dans des formes minuscules, à l’image de ses personnages qui s’organisent comme dans des saynètes, en écho aux réalités du monde.
Ailleurs, les dessins à la craie déploient une constellation qui emporte le regard dans une autre dimension. Céline Lachkar convoque volontiers la physique quantique dans son registre de pensée, un recours à la science qu’elle utilise toutefois comme le véhicule d’une recherche plus sensible.

« Le monde scintillat* se rappelle »
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Les voyages ont aussi inspiré son travail au fil des années : les décombres de la guerre en Syrie, les dessins de sable des Indiens Navarro de l’Arizona ou les Vosges voisines.
Ses « orpaillages » témoignent également d’une approche plus immédiate du geste, par laquelle les points déposés sur la feuille créent spontanément des formes imaginaires. « C’est comme une limaille de fer, ou du sable, qui créée une figure captée par un champ subtil », décrit-elle.
Le travail de Céline Lachkar présente « une dimension très réflexive, très spirituelle, cela donne une profondeur à son engagement », suggère Isabelle Dubois-Brinckmann, la directrice des musées municipaux qui a fait le pari de cette exposition et permis à ce travail de se démultiplier dans les espaces du musée.

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Au-delà de la forme plastique que prennent les oeuvres, ce sont aussi les mots qui peuplent cet univers artistique. Au travers des intitulés des pièces, des titres donnés à chaque espace, se dessine une myriade de mots qui ricochent entre eux, en quête perpétuelle de sens.
Il faut donc inviter le visiiteur à regarder de près chaque élément de ce tout choral inventif, à essayer de percevoir les interactions entre toutes ces propositions.
C’est en prenant ce temps de la contemplation, de la découverte, de la curiosité et de l’éveil des sens qu’on pourra pénétrer le monde hypercréatif de Céline Lachkar.
Dominique BANNWARTH
Exposition présentée au musée des Beaux-Arts de Mulhouse, 4 place Guillaume Tell.
Du 24 octobre 2026 au 15 février 2027
Entrée libre
Ouvert tous les jours sauf le mardi et les jours fériés de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h.
