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La magnifique rétrospective de Ruth Asawa chez Beyeler

La Fondation Beyeler accueille une rétrospective de l’oeuvre de la sculptrice américaine d’origine japonaise Ruth Asawa (1926-2013), à découvrir jusqu’au 10 janvier 2027.

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Par Dominique BANNWARTH

« Une artiste n’est pas quelqu’un de spécial. Une artiste est une personne ordinaire capable de se saisir de choses ordinaires et de les rendre spéciales »,  proclame Ruth Asawa.

Les « choses ordinaires », elle les a d’abord notamment trouvées dans son enfance. Quand elle grandit dans une ferme maraîchère et qu’elle enroule des fils autour de tuteurs pour plantes, dans le champ de haricots des ses parents.

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Mais son utilisation de fils métalliques, matériau emblématique de son oeuvre sculpturale, puise aussi dans la technique traditionnelle de réalisation de paniers découverte lors d’un voyage au Mexique en 1947.

Cette manière de tresser le fil de fer (mais aussi de cuivre ou de laiton) suscite une relation très libre aux volumes dans l’espace.

« Je peux prendre un fil métallique et pénétrer dans l’air, définir l’air, sans le voler à qui que ce soit. Une ligne peut entourer et définir l’espace tout en laissant l’air rester de l’air », insiste-t-elle.

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Cette permanente exploration des formes se retrouve également dans la mise en oeuvre de la technique de l’origami, utilisée pour des tableaux constitués de pliages qu’on peut voir dans la seconde salle de l’exposition.

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La quête de formes enchevêtrées et se déployant dans une graphie évolutive se retrouve dès ses premiers dessins et peintures.

Ruth ASAWA

« On ne dit pas à l’avance ‘’voilà ce que je veux ‘’. On travaille pas à pas et on obtient un objet en trois dimensions. C’est comme un dessin dans l’espace ».

Ruth ASAWA

Sa formation artistique s’opère au Black Mountain College en Caroline du Nord, auprès de ses professeurs tels Josef Alberts, Richard Buckminster Fuller, le chorégraphe Merce Cunningham ou le mathématicien Max Dehn. Auprès de ces artistes elle développe sa pratique et plus particulièrement à travers la technique de crochetage de paniers apprise au Mexique.

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Dès lors, le geste créatif génère une forme libre éminemment poétique. Si la nature inspire Asawa, ses sculptures ne se réduisent pas à une simple reproduction, elles suggèrent une autre dimension, comme en lévitation, suspendues dans l’espace.

Avec une complexité incroyable, les fils se croisent, se décroisent, s’enroulent, s’étirent…

Pour créer, comme le décrit si justement l’artiste,  « une forme continue contenue dans une forme »,

Dans la grande salle du fond du bâtiment de Renzo Piano, les sculptures investissent à la fois les murs et s’invitent au-dessus de nos têtes.

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Ici, les formes deviennent plus circulaires, plus sphériques, comme autant de bouquets de branchages imaginaires.

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L’exposition qui fait étape à la Fondation Beyeler,  après notamment sa présentation au Musée Gugenheim de Bilbao, constitue la première rétrospective depuis la disparition de l’artiste en 2013. Elle est réalisée en partenariat avec le San Francisco Museum of Modern Art et le MOMA à New York.

A Riehen, elle s’enrichit d’une quinzaine d’oeuvres supplémentaires illustrant principalement le lien qu’Asawa entretenait avec la nature.

« La nature est ma professeure, et j’ai utilisé des matériaux issus de notre XXe siècle pour étudier ses schémas de croissance », confie Ruth Asawa.

 

Une conviction que l’artiste a également traduite dans ses magnifiques dessins et lithographies qui terminent cette exposition rétrospective.

Là, le trait et l’encre se déclinent avec une esthétique d’une grande simplicité et un dépouillement d’une infinie beauté…

Dominique BANNWARTH

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